NOUS AVONS TRANSFORMÉ STARLINK EN BAROMÈTRE PLANÉTAIRE
Le 24 Septembre 2026
Starlink présente de nombreux inconvénients : la mégaconstellation perturbe les observations astronomiques, pollue l’atmosphère avec des débris métalliques issus des rentrées atmosphériques et a contribué à rapprocher l’orbite terrestre basse du seuil critique du syndrome de Kessler.
D’un autre côté, Starlink constitue un excellent baromètre.
Plus de 11 000 satellites Starlink entourent la Terre. Sans exception, ils évoluent tous dans les couches les plus externes de notre atmosphère, où la pression de l’air et les frottements aérodynamiques leur font perdre de l’énergie orbitale. Chaque satellite Starlink finirait par retomber sur Terre s’il ne corrigeait pas occasionnellement son orbite à l’aide de ses propulseurs.
Dans le cadre d’une expérience, nous avons décidé d’utiliser la mégaconstellation Starlink comme un gigantesque capteur de la pression atmosphérique et de la traînée aérodynamique. Voici comment cela fonctionne : chaque jour, la Force spatiale américaine publie les nouveaux éléments orbitaux, également appelés « TLE », pour chaque objet en orbite autour de la Terre. Chaque TLE contient notamment un paramètre de traînée. Nous téléchargeons les paramètres de traînée quotidiens de milliers de satellites Starlink et les convertissons en une valeur facile à comprendre : la vitesse de descente.
Vous pouvez trouver la vitesse de descente ici. Une valeur de, par exemple, 30 m/jour signifie qu’un satellite Starlink typique situé à 480 km d’altitude descendrait de 30 mètres par jour sous l’effet de la traînée aérodynamique. Pourquoi 480 km ? Parce que c’est à cette altitude que se trouvent la plupart des satellites Starlink.
Les Starlink ne sont pas les seuls satellites que nous suivons. Nous surveillons trois autres constellations indépendantes : les SuperDoves de Planet Labs (107), les satellites Kuiper d’Amazon (391) et les satellites OneWeb d’Eutelsat (651). Ces constellations permettent de vérifier les données obtenues pour Starlink. Les SuperDoves sont particulièrement précieux parce qu’ils ne disposent pas de propulseurs pour compenser la traînée, ce qui les rend extrêmement sensibles à celle-ci.
Grâce à ce nouveau flux de données, nous pouvons observer l’atmosphère « respirer ». L’enveloppe d’air qui entoure notre planète se dilate et se contracte en fonction de l’activité solaire. Les grandes tempêtes géomagnétiques font gonfler l’atmosphère et provoquent de brusques pics de la vitesse de descente.
Merci, Starlink ? Revenez demain pour connaître les dernières données sur la traînée.
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